agriculture familiale

L’agriculture familiale face au défi des pertes alimentaires

L’agriculture familiale est caractérisée par l’exploitation des petites superficies de moins d’un hectare, par la faible utilisation des intrants agricoles, l’utilisation des équipement rudimentaires dont la résultat est marqué par une faible productivité et un faible niveau de revenu (moins d’un dollar par jour). cette agriculture familiale malgré sa faible performance, réussi à assurer 70% de la production alimentaire en Afrique. Localisés pour la plupart dans les zones rurales, les agriculteurs familiaux semblent être maintenu dans le cercle vicieux de l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Dans les pays comme le Cameroun,  le Benin, le Mali, le Côte d’ivoire, le Sénégal, plus de 70% des pauvres vivent en milieu rural avec pour activité principale l’agriculture. Dans ces mêmes pays, la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire est grandissante en zone rurale. Comment comprendre que les petits producteurs qui alimentent le monde sont plus vulnérables à l’insécurité alimentaire?

les pertes post-récoltes couplées aux gaspillages des aliments augmentent la vulnérabilité de cette population. l’une des solution de réduction est le renforcement des capacités des agriculteurs familiaux et investir pour soutenir la petite agriculture gage de la sécurité alimentaire mondiale.

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La sécurité alimentaire en Afrique : Enjeux et défis

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Nestor NGOUAMBE, ingénieur agronome (Economie et sociologie rurale)

En se basant sur la définition de la sécurité alimentaire telle que présenté par le sommet mondiale de l’alimentation (1996), on convient avec la FAO que la notion de sécurité alimentaire repose sur quatre piliers essentiels à savoir la disponibilité (qui renvoie à la productivité quantitative des denrées), l’accessibilité (qui renvoie à l’acquisition de la nourriture), l’utilisation (qui renvoie à l’emploie adéquate dont la ration alimentaire équilibrée) et la durabilité (qui renvoie à la disponibilité et l’accès permanente des denrées).

1. Pourquoi l’insécurité alimentaire persiste en Afrique ?

La problématique de l’insécurité alimentaire en Afrique est une préoccupation mondiale. D’ailleurs on estime à plus 800 millions de personnes qui soufrent de la faim dans cette partie du monde. La production alimentaire n’est plus corrélée à la demande sans cesse croissante due à une démographie galopante (près d’un milliards d’habitants). La faible production peut s’expliquer par une absence de politique agricole adéquate dans la plus part des cas. On peut citer l’absence des services de bases dans les zones rurales, la faible performance des services de vulgarisation et de conseil agricole, l’investissement faible dans le secteur agricole et agroalimentaire, l’arrêt des subventions octroyés par les gouvernements, la faible valorisation des résultats de la recherche etc.…

Face à tous ceci, on note également que l’agriculture familiale qui est le piller même de la production agricole (responsable de près de 80% de la production totale) est plus marginalisée. Les petits producteurs sont aussi victimes de la dépossession de leur principal capital foncier à travers le phénomène de l’accaparement des terres qui sévit en Afrique. On notera également les voitures européennes qui « carburant à la faim » en utilisant les denrées alimentaires les plus demandées (céréales, racines et tubercules) pour la fabrication des agro-carburants, biocarburants, bioéthanol etc. Ceci crée une compétition entre les besoins alimentaires pour combler la faim, et les besoins industrielles pour le diésel. Et comme conséquence la hausse des prix des denrées alimentaires pour des populations pauvres et vulnérables à l’insécurité alimentaire. Or la vulnérabilité des pays africains n’est pas une fatalité compte tenu du potentiel agricole et la disponibilité des ressources existantes.

2. Quels sont les défis à relever ?

Parmi les défis majeurs à relever pour que l’Afrique puisse Nourrir l’Afrique grâce aux sciences agricoles et l’innovation, on peut citer le financement de l’agriculture familiale, le financement de la recherche agricole, le contrôle des entreprises sur l’alimentation et la nutrition et l’absence d’attention portée aux déterminants sociaux de la nutrition. Ainsi, pour renforcer la nutrition, les Etats devraient d’abord réglementer la commercialisation des produits. Car une bonne nutrition passe toujours par une alimentation saine et équilibrée c’est pour cela qu’on pense que toute société proposant une alimentation saine plus onéreuse qu’une alimentation malsaine est une société qui doit revoir son système d’alimentation.

3.  Quels sont les stratégies à adoptées ?

Pour reprendre le contrôle sur les questions alimentaires, les Etats africains doivent adopter le concept de souveraineté alimentaire, participer activement aux débats, revoir les systèmes de subvention agricole existants en tenant compte des impacts nutritionnelles, accroitre le soutien aux marchés de production et à l’agriculture urbaine et périurbaine, veiller à disposer des infrastructures adaptés pour mettre en relation les producteurs locaux et les consommateurs urbains. Un soutien marqué à la petite agriculture (agriculture familiale) et à la constitution des réserves auraient un impact sensible sur la production locale des denrées alimentaires et pourraient infléchir les chocs des prix sur les marchés locaux.