Quels services d’appui-conseil adaptés aux besoins nutritionnels des populations rurales ?

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Au Cameroun, l’amélioration des services d’appui aux producteurs ruraux a toujours été une préoccupation de l’Etat depuis la crise économique des années 80. Ceci dans l’optique de réduire le niveau de pauvreté qui sévit en milieu rural (84% des pauvres sont ruraux) et surtout réduire la malnutrition. Cependant les services de vulgarisation agricole basés essentiellement sur le transfert des technologies (Training and Visit System) ont été très efficaces sur le développement des cultures de rente ; accordant peu de place aux vivriers dont à besoins la population pour se nourrir. L’Echec de ces anciennes approches de vulgarisation est dû à une inadéquation entre les stratégies développées et les besoins réels des populations rurales. Ceci a eu pour conséquence l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans les ménages. Dès lors les décideurs politiques et  la recherche s’interrogent sur le type de dispositif d’encadrement et d’accompagnement des producteurs efficace pour la réduction de l’insécurité alimentaire ? Le Bilan des expériences du conseil à l’exploitation familiale au Cameroun pourra apporter une lumière à cette question.

1. Le conseil à l’exploitation familiale (CEF), un dispositif nouveau au Cameroun ?

Le conseil à l’exploitation familiale (CEF) est un dispositif de vulgarisation agricole basé essentiellement sur une approche participative des producteurs. Le producteur et l’exploitation familiale est au centre du dispositif. Introduit en 1998 au Cameroun, le CEF  a rapidement fait montre de ses résultats satisfaisants, et a aussitôt été intégré dans la stratégie des acteurs du monde rural tant privés que publics. Donc depuis 15 ans, la plupart des acteurs s’arriment progressivement à  l’approche participative du CEF.

2. Les services d’appui-conseil mieux ciblés

Le CEF repose sur un diagnostic Co-construit entre le conseillé et le producteur s’étalant sur trois années allant de la formation au base de gestion en année 1 passant par le suivi technico économique des parcelles en année 2 pour aboutir à l’élaboration des microprojets en année 3. Les thématiques abordées touchent des aspects spécifiques de l’exploitation et répondant à un besoin préalablement identifié (renforcement des capacités en technique de production, élevage, gestion). Ceci responsabilise davantage les producteurs.

3. Les services d’appui-conseil mieux adaptés aux besoins nutritionnels des populations

L’accompagnement s’adresse aux exploitations familiales dont l’objectif de production est d’abord l’autoconsommation et seul le surplus vendus améliore le niveau de vie. En début de chaque campagne agricole, chaque paysan cherche à améliorer sa productivité. C’est pour cela que la plupart des thèmes traitent de l’inventaire des besoins en intrant et alimentaire, du  suivi technico-économique des cultures et du bilan économique de la production. Tout ceci  vise à amener les producteurs à prévoir leurs activités agricoles au-delà d’une campagne quels sont réellement mes besoins (intrants, main d’œuvre, équipement et outillage, argent) pour la spéculation retenue ? Quelles sont mes ressources permanentes mobilisables à court terme (terre, travail, capital, équipement, intrants, etc.) ? Ces ressources me permettent-elles d’atteindre mes objectifs fixés ? Quels sont les principaux besoins alimentaires des personnes du ménage ? Les quantités produites combleront-elles ces besoins ? Si non, comment m’y prendre ? Et si oui, quelles quantités supplémentaires pourrais-je espérer vendre?

Par exemple au Nord-Cameroun les paysans affirmaient : «  Avant, on prenait dans le grenier et quand il était vide, on se débrouillait. Cette année, j’ai stocké et, aujourd’hui, j’ai encore des sacs ». Ceci montre que le CEF influe positivement à long terme sur la gestion des stocks des denrées alimentaires et, par là, assure, dans une certaine mesure, la sécurité alimentaire.

4. La valorisation des savoirs paysans en matière de sécurité alimentaire.

La prise en compte des savoirs locaux facilitent la compréhension et l’appropriation du dispositif. Sans appui-conseil, les producteurs prélèvent généralement les semences sur les récoltes précédentes. Mais l’accompagnement se base sur ces acquis pour améliorer les performances. C’est le cas à Akonolinga et à Santchou où  on note que, seulement 10% des ménages commercialisent les arachides. En effet, après récolte, deux à trois seaux de 10 litres d’arachide non décortiquée sont prélevés et conservés (saupoudrés de piment rouge) pour servir de semence à la prochaine campagne. Selon les paysans, “ avant l’arrivée du conseil, toutes les semences qu’on prélevait sur les récoltes qui étaient d’ailleurs très insignifiantes, on les mangeait et l’année suivante on se débrouillait pour acheter même un seau de semence ».

Donc grâce à l’appui-conseil, les exploitations familiales au Cameroun ont développés leur propre stratégie pour réduire l’insécurité alimentaire au sein de leur exploitation. Ceci grâce aux connaissances paysannes. Il revient donc à la recherche de capitaliser ces innovations paysannes dans les stratégies d’amélioration de la productivité agricole pour la sécurité alimentaire des ménages.


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