Month: August 2013

Quels services d’appui-conseil adaptés aux besoins nutritionnels des populations rurales ?

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Au Cameroun, l’amélioration des services d’appui aux producteurs ruraux a toujours été une préoccupation de l’Etat depuis la crise économique des années 80. Ceci dans l’optique de réduire le niveau de pauvreté qui sévit en milieu rural (84% des pauvres sont ruraux) et surtout réduire la malnutrition. Cependant les services de vulgarisation agricole basés essentiellement sur le transfert des technologies (Training and Visit System) ont été très efficaces sur le développement des cultures de rente ; accordant peu de place aux vivriers dont à besoins la population pour se nourrir. L’Echec de ces anciennes approches de vulgarisation est dû à une inadéquation entre les stratégies développées et les besoins réels des populations rurales. Ceci a eu pour conséquence l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans les ménages. Dès lors les décideurs politiques et  la recherche s’interrogent sur le type de dispositif d’encadrement et d’accompagnement des producteurs efficace pour la réduction de l’insécurité alimentaire ? Le Bilan des expériences du conseil à l’exploitation familiale au Cameroun pourra apporter une lumière à cette question.

1. Le conseil à l’exploitation familiale (CEF), un dispositif nouveau au Cameroun ?

Le conseil à l’exploitation familiale (CEF) est un dispositif de vulgarisation agricole basé essentiellement sur une approche participative des producteurs. Le producteur et l’exploitation familiale est au centre du dispositif. Introduit en 1998 au Cameroun, le CEF  a rapidement fait montre de ses résultats satisfaisants, et a aussitôt été intégré dans la stratégie des acteurs du monde rural tant privés que publics. Donc depuis 15 ans, la plupart des acteurs s’arriment progressivement à  l’approche participative du CEF.

2. Les services d’appui-conseil mieux ciblés

Le CEF repose sur un diagnostic Co-construit entre le conseillé et le producteur s’étalant sur trois années allant de la formation au base de gestion en année 1 passant par le suivi technico économique des parcelles en année 2 pour aboutir à l’élaboration des microprojets en année 3. Les thématiques abordées touchent des aspects spécifiques de l’exploitation et répondant à un besoin préalablement identifié (renforcement des capacités en technique de production, élevage, gestion). Ceci responsabilise davantage les producteurs.

3. Les services d’appui-conseil mieux adaptés aux besoins nutritionnels des populations

L’accompagnement s’adresse aux exploitations familiales dont l’objectif de production est d’abord l’autoconsommation et seul le surplus vendus améliore le niveau de vie. En début de chaque campagne agricole, chaque paysan cherche à améliorer sa productivité. C’est pour cela que la plupart des thèmes traitent de l’inventaire des besoins en intrant et alimentaire, du  suivi technico-économique des cultures et du bilan économique de la production. Tout ceci  vise à amener les producteurs à prévoir leurs activités agricoles au-delà d’une campagne quels sont réellement mes besoins (intrants, main d’œuvre, équipement et outillage, argent) pour la spéculation retenue ? Quelles sont mes ressources permanentes mobilisables à court terme (terre, travail, capital, équipement, intrants, etc.) ? Ces ressources me permettent-elles d’atteindre mes objectifs fixés ? Quels sont les principaux besoins alimentaires des personnes du ménage ? Les quantités produites combleront-elles ces besoins ? Si non, comment m’y prendre ? Et si oui, quelles quantités supplémentaires pourrais-je espérer vendre?

Par exemple au Nord-Cameroun les paysans affirmaient : «  Avant, on prenait dans le grenier et quand il était vide, on se débrouillait. Cette année, j’ai stocké et, aujourd’hui, j’ai encore des sacs ». Ceci montre que le CEF influe positivement à long terme sur la gestion des stocks des denrées alimentaires et, par là, assure, dans une certaine mesure, la sécurité alimentaire.

4. La valorisation des savoirs paysans en matière de sécurité alimentaire.

La prise en compte des savoirs locaux facilitent la compréhension et l’appropriation du dispositif. Sans appui-conseil, les producteurs prélèvent généralement les semences sur les récoltes précédentes. Mais l’accompagnement se base sur ces acquis pour améliorer les performances. C’est le cas à Akonolinga et à Santchou où  on note que, seulement 10% des ménages commercialisent les arachides. En effet, après récolte, deux à trois seaux de 10 litres d’arachide non décortiquée sont prélevés et conservés (saupoudrés de piment rouge) pour servir de semence à la prochaine campagne. Selon les paysans, “ avant l’arrivée du conseil, toutes les semences qu’on prélevait sur les récoltes qui étaient d’ailleurs très insignifiantes, on les mangeait et l’année suivante on se débrouillait pour acheter même un seau de semence ».

Donc grâce à l’appui-conseil, les exploitations familiales au Cameroun ont développés leur propre stratégie pour réduire l’insécurité alimentaire au sein de leur exploitation. Ceci grâce aux connaissances paysannes. Il revient donc à la recherche de capitaliser ces innovations paysannes dans les stratégies d’amélioration de la productivité agricole pour la sécurité alimentaire des ménages.


Using ICTs for Agriculture Innovative System

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Photo (c): ictvincent

Agriculture Innovative System (AIS) aimed to improve farmer’s productivity.  Apart classical approaches like Training and visit systems (T$V) supported by Word Bank, there are several others approaches such as Farmers Field School (FFs), Market access approaches, market oriented approaches …

These new approaches also use several tools. But some studies have proved that, using Information and Communication Technologies (ICTs) like rural development tools can lead to good results. So the question to be asked is that how can we use Mobile phone, Internet, community Radio in profitable ways in AIS? The following experiences are some key solutions and can be repeated or adopted depending on agri-contexts.

1. Use Mobile phone in Agricultural Extension

Mobile phone can help extension officer in their activities. To do this, farmers must first consider mobile phone as work tool and not as something luxurious. They should be familiar with their phone when manipulating it.

Mobile phone is use to inform farmers about market demand and supply, about market opportunities. In Cameroon due to the fact that all Government actions in rural areas are based on agricultural sector, most Non Governmental Organization (NGO) works with State for common goals achievement. For Example NGO called Association Camerounaise pour la Dépense des Intérêts Collectifs (ACDIC) has a good experience in this services.

When there is a new convention between State and a donor in favor of specific crop, farmers are informed by Short Message Services (SMS). This led them to conceive their projects and submit them to decision markers.in order to allow some of them gets financial and/or technical support. When there is a new agricultural policy farmers are informed. Last year  for example, about 97% of small scale farmer missed new variety maize seeds. But, due to the fact that they were informed at right time by SMS, they have recourse to their local seeds. ACDIC used this service to inform farmers about  seeding due to rainfull scarcity.

2. Community Radio for farmer’s education and trainings

Community Radio is other ICT tool spreading out around the country in favour of farmers. More than 200 communities or local radio operating in rural areas are operational. Each radio has a specific day with broadcast focus on agriculture. Those broadcast educated, trained, inform farmers on their daily activities. This Kind of services has a good success in Brazil and India. We observed in Cameroon that, most broadcasts are diffused in local language of areas concerned.

The success of such experience by NGOs leads State to get involved. That is why, today a State Telecommunication Agency (CAMTEL) is multiplying it’s antenna around the country in order to permit a maximum possible of rural areas getting Network signal (Phone, Radio and TV).

To concluded, ICTs has an important role to play in agriculture development, food security and rural development. ICTs will allow farmers to stow with globalization (E-trade, e-selling, e-learning, e-education…). To achieve these goals, Youth have to be implicated because there are those concerned with economic growth, social security, political stability,… because Youth represent more than 60% of handwork in all sector notably Agriculture, and they are those who will lead the World tomorrow.

La sécurité alimentaire en Afrique : Enjeux et défis

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Nestor NGOUAMBE, ingénieur agronome (Economie et sociologie rurale)

En se basant sur la définition de la sécurité alimentaire telle que présenté par le sommet mondiale de l’alimentation (1996), on convient avec la FAO que la notion de sécurité alimentaire repose sur quatre piliers essentiels à savoir la disponibilité (qui renvoie à la productivité quantitative des denrées), l’accessibilité (qui renvoie à l’acquisition de la nourriture), l’utilisation (qui renvoie à l’emploie adéquate dont la ration alimentaire équilibrée) et la durabilité (qui renvoie à la disponibilité et l’accès permanente des denrées).

1. Pourquoi l’insécurité alimentaire persiste en Afrique ?

La problématique de l’insécurité alimentaire en Afrique est une préoccupation mondiale. D’ailleurs on estime à plus 800 millions de personnes qui soufrent de la faim dans cette partie du monde. La production alimentaire n’est plus corrélée à la demande sans cesse croissante due à une démographie galopante (près d’un milliards d’habitants). La faible production peut s’expliquer par une absence de politique agricole adéquate dans la plus part des cas. On peut citer l’absence des services de bases dans les zones rurales, la faible performance des services de vulgarisation et de conseil agricole, l’investissement faible dans le secteur agricole et agroalimentaire, l’arrêt des subventions octroyés par les gouvernements, la faible valorisation des résultats de la recherche etc.…

Face à tous ceci, on note également que l’agriculture familiale qui est le piller même de la production agricole (responsable de près de 80% de la production totale) est plus marginalisée. Les petits producteurs sont aussi victimes de la dépossession de leur principal capital foncier à travers le phénomène de l’accaparement des terres qui sévit en Afrique. On notera également les voitures européennes qui « carburant à la faim » en utilisant les denrées alimentaires les plus demandées (céréales, racines et tubercules) pour la fabrication des agro-carburants, biocarburants, bioéthanol etc. Ceci crée une compétition entre les besoins alimentaires pour combler la faim, et les besoins industrielles pour le diésel. Et comme conséquence la hausse des prix des denrées alimentaires pour des populations pauvres et vulnérables à l’insécurité alimentaire. Or la vulnérabilité des pays africains n’est pas une fatalité compte tenu du potentiel agricole et la disponibilité des ressources existantes.

2. Quels sont les défis à relever ?

Parmi les défis majeurs à relever pour que l’Afrique puisse Nourrir l’Afrique grâce aux sciences agricoles et l’innovation, on peut citer le financement de l’agriculture familiale, le financement de la recherche agricole, le contrôle des entreprises sur l’alimentation et la nutrition et l’absence d’attention portée aux déterminants sociaux de la nutrition. Ainsi, pour renforcer la nutrition, les Etats devraient d’abord réglementer la commercialisation des produits. Car une bonne nutrition passe toujours par une alimentation saine et équilibrée c’est pour cela qu’on pense que toute société proposant une alimentation saine plus onéreuse qu’une alimentation malsaine est une société qui doit revoir son système d’alimentation.

3.  Quels sont les stratégies à adoptées ?

Pour reprendre le contrôle sur les questions alimentaires, les Etats africains doivent adopter le concept de souveraineté alimentaire, participer activement aux débats, revoir les systèmes de subvention agricole existants en tenant compte des impacts nutritionnelles, accroitre le soutien aux marchés de production et à l’agriculture urbaine et périurbaine, veiller à disposer des infrastructures adaptés pour mettre en relation les producteurs locaux et les consommateurs urbains. Un soutien marqué à la petite agriculture (agriculture familiale) et à la constitution des réserves auraient un impact sensible sur la production locale des denrées alimentaires et pourraient infléchir les chocs des prix sur les marchés locaux.

Extension for agricultural Transformation in Africa

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What is agricultural extension? It is facilitation? Dissemination? Technology transfer? If we deeply analyze or define agri-extension, all these are related with. Since independency, most African extension services were still based on traditional model promoted by our colonial Masters. But with these new agricultural context (climate change, food security), traditional model are moving to new extension systems. Living Training and Visit system (Top down approach) to facilitation and participatory approach (button up approach). Continue reading